Lac Tchad : 34% de perte d’eau entre 2015 et 2019

C’est ce que révèlent les récentes cartographies du Lac Tchad produites par le Consortium AGEOS dans le cadre du Programme GMES and Africa

Mise à jour 27-10-2020




Jadis la plus grande ressource en eau douce de l’Afrique assurant la survie de près de 30 millions des personnes, le lac Tchad fait aujourd’hui face à de nombreux challenges qui ne font qu’aggraver la situation sur le plan environnemental, politique et économique.  

Pénalisée par un manque d’infrastructures, la faiblesse de l’accès aux services de base et l’impact sévère du changement climatique sur les ressources naturelles et les moyens de subsistance, cette région affiche aujourd’hui des indicateurs économiques et de développement inférieurs à ceux des régions voisines.

L'analyse des cartographies de 2015 et 2019 révèlent une diminution de la surface en eau libre. En quatre ans, les pertes en eau ont été de 34,26%. A contrario les surfaces humides se sont étendues, +8% pour les marais. 




Statistiques comparatives d’occupation du sol du lac Tchad


Dans les années 1960, cet écosystème avait une superficie d'environ 25000 km2. 

A ce jour le lac est couvert en majeure partie par des marais et des marécages en raison de la faible pluviométrie et de la surexploitation du lac (irrigation et drainage). Les populations riveraines ont du s’adapter progressivement à de nouvelles formes d’agriculture.  

L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a qualifié la situation de « catastrophe écologique » et pense que le lac pourrait disparaître d'ici la fin de ce siècle. Elle invite les institutions régionales et la communauté internationale à plus de coopération afin de soutenir les pays membres de la  Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) dans la mise en œuvre du plan de remise en eau du lac Tchad. Des millions de vies en dépendent, l’économie de toute une région en dépend.

« Nous espérons que ces données récentes et alarmantes de la situation actuelle du lac Tchad aideront à une prise de décisions urgentes et à une mobilisation des institutions régionales et internationales dans l’intérêt d’accélérer la mise en œuvre du plan de revitalisation du lac afin de préserver non seulement l’écosystème déjà assez perturbé dans cette région, mais encore le développement socio-économique des pays dépendant de ces eaux. » explique Monsieur Aboubakar MAMBIMBA NDJOUNGUI, Directeur Général Adjoint de l’AGEOS et Coordonnateur du Consortium qui met en oeuvre un des  volets du Programme GMES and Africa en Afrique Centrale.   

Le Programme GMES and Africa est une initiative conjointe de la Commission Européenne et de la Commission de l’Union Africaine.  Douze consortiums ont été sélectionnés pour sa mise en œuvre dans les Régions dont, dans la région Afrique centrale, le Consortium AGEOS, qui est dirigé par l’Agence Gabonaise d’Etudes et d’Observation Spatiale (AGEOS).


Pour plus d’information sur le Programme GMES & Africa et le Projet SEFAC : sefac-gmes@blogspot.com


Le lac Tchad sur le Sentinel Vision Portal, https://www.sentinelvision.eu/?galleryId=bbb1e7d35c5d49d1b1cec23b881890b5


 






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