Pourquoi les satellites de transmission ont (et continueront à avoir) un rôle vital en Afrique

Dans un article publié le 15 juillet 2020, le magazine en ligne "Space in Africa" pointait des prédictions d'évolution du marché datées de 2015 et issues de "Satellite Executive Briefing". Celles ci semblent toujours aussi pertinentes même dans un contexte de déploiement de la 4G, bientôt de la 5G, et des constellations de satellites diffusant de l'Internet. 



Le paradoxe

En mai 2015, l'auteur de ces prédictions, Peter I. Galace, souligne un paradoxe: Bien que tous les pays côtiers africains soient maintenant desservis par des câbles sous marins ayant contribué à tripler la capacité Internet en Afrique en 3 ans, la demande pour des services basés sur les satellites ne chute pas, au contraire: Entre 2009 et 2014, le taux de croissance annuel composé (CAGR) de ces services s'établit à 11 % en Afrique subsaharienne. Et Euroconsult anticipe alors un CAGR de 11 % au cours des 10 années suivantes, pour atteindre près de 200 Gbps de trafic via les satellites.  


Une croissance insolente, une transition vers le digital,  l'émergence de nouvelles attentes

M Galace identifie plusieurs raisons à celà: L'Afrique est engagée dans une digitalisation massive. L'usage des satellites est largement corrélé à des services téléphoniques en recherche de connectivité. L'usage de smartphones hébergeant des applications mobiles basées sur Internet est croissant. 

En 2015, l'Afrique devient la 2e région du monde la plus connectée, et affiche la plus forte croissance au monde pour l'abonnement mobile. Et, alors qu'ils diminuent dans d'autres parties du monde, les revenus de la téléphonie mobile continuent d'augmenter sur le continent; une augmentation plus forte et à un taux nettement plus élevé - 23,16 milliards de dollars en 2018 - que les revenus des communications vocales. Avec la poursuite de l'augmentation de la pénétration de la téléphonie mobile, la 3G puis la 4G, cette tendance créée de nouveaux besoins en matière de connectivité par satellite.  

De fait, satellite plus cable, le nombre d'usagers de l'Internet sur le continent croît de 3600% entre 2000 et 2014, atteignant près de 308 million. Le taux de pénétration atteint 26,6%.  La croissance de l'utilisation des satellites est dictée par le marché, la demande en services de diffusion abordables, l'accès à l'internet, les services de données d'entreprise, et la concurrence, avec en toile de fond un emailing qui commence à laisser la place au e-commerce, au e-learning voire à la e-médecine, et une demande croissante des usagers pour ces services. 


Un terrain propice

En outre, les câbles desservent les côtes africaines, mais seuls les satellites permettent de façon effective et viable d'atteindre les zones rurales et enclavées, et donc la grande majorité de la population africaine. 

Les opérateurs cherchent en effet à servir "le dernier kilomètre" celui qui raccorde la diffusion, les services, l'Internet, aux maisons et aux entreprises, un sacré défi, pour lequel les satellites sont le moyen le plus rapide, le plus "couvrant", et le moins cher... 

Si beaucoup de personnes vivant à moins de 25 km d'un câble en fibre optique croient l'internet à leur portée, de leur côté les fournisseurs de services Internet hésitent à faire d'important investissements pour installer le câble dans chaque foyer. Dans de nombreux cas, la bande passante sans fil, le 4G, et les satellites, sont les seules options pratiques. 


Le développement de l'offre, de la demande, de services à valeur ajoutée

L'expansion de VSAT, de la télévision numérique, et de la télévision à péage, amplifie le mouvement. Les attentes et impatiences du public, des secteurs du pétrole, du gaz, de la banque, des mines, le développement des réseaux gouvernementaux, soutiennent cette croissance. 

Un certain nombre de nouveaux marchés de points chauds pour les entreprises se développent, en particulier en Afrique de l'Est et de l'Ouest, en plus des marchés historiquement forts comme l'Afrique du Sud, le Nigéria, l'Angola, le Kenya et la Tanzanie. 

Pour le Dr Wet, PDG de Q-KON, distributeur de produits satellitaires en Afrique, la compréhension de la chaîne de valeur de l'approvisionnement est essentielle au succès du déploiement de ces satellites en Afrique. 


Plus de satellites, des satellites plus performants

La capacité en satellite de l'Afrique s'accroît avec les lancements des satellites SES Astra 2G, O3bNetworks, SpaceCom's Amos, ABS-3A, AlYah 3 et Intelsat 33. 

Les nouveaux satellites à haut débit offrent notamment de nouvelles possibilités pour les consommateurs et les entreprises, et s'affirment comme une option viable face à la fibre dans des régions enclavées, au moins sur le court moyen terme.  

Ces nouveaux satellites servent les usagers finaux avec des débits de 10 MBps, 15GB/Mois facturés à 50 USD.


En savoir plus 


Au sujet de 

SatelliteMarkets.com est un service en ligne gratuit qui fournit aux abonnés des analyses de l'actualité, des prévisions industrielles et des informations sur le marché, couvrant les principales tendances du marché mondial des communications par satellite. Publié par Synthesis Publications LLC, les spécialistes du marché mondial, SatelliteMarkets.com a trois éditions distinctes : Asie-Pacifique, Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) et les Amériques. Ce service comprend l'accès en ligne aux toutes dernières informations et analyses, des archives consultables, et un accès PDF au magazine mensuel Satellite Executive Briefing et à des rapports occasionnels.

MzansiSat est le premier opérateur satellite privé potentiel d'Afrique du Sud. Son objectif, en collaboration avec le gouvernement et le secteur privé, est de fournir d'ici 2025 une connectivité internet partout dans le pays https://www.mzansisat.com/





Comments